Les femmes et les jeunes filles sont très nombreuses à se sentir exclues face au
stéréotype de beauté idéale prôné par la société.
Une étude commanditée par
Dove a montré que
seulement 2 % des femmes dans le monde ont assez d'assurance pour se juger belles ! Aujourd'hui, l'idéal de beauté féminin impose des critères implacables. Une « belle femme » est grande, très grande et extrêmement mince – avec des hanches étroites, mais une poitrine opulente. Elle a de grands yeux, des lèvres charnues et un petit nez. Et nous avons tellement l'habitude de voir ce stéréotype de beauté dans les médias que nous avons tendance à penser que cet idéal est intemporel.
Pourtant...
« Ronde » n'a pas toujours été synonyme de
« grosse » –
il valait mieux faire envie que pitié. En fait, des
hanches généreuses et une
croupe rebondie étaient autrefois si prisées que les femmes cachaient leur bassin trop svelte sous des tournures, un dispositif fixé à la taille qui leur permettait de rembourrer leur postérieur de coussinets bouffants garnis de liège, de crin ou de duvet. Vers 1880, les tournures sont devenues si protubérantes qu'on les a appelées des strapontins et que les taquins affirmaient qu'on aurait pu y poser sans risque un plateau à thé.
A certaines époques, une
poitrine menue était de mise. Il ne serait pas venu à l'idée des femmes de porter un soutien-gorge pigeonnant ou de se faire poser des implants : elles voulaient gommer leur buste. Les premiers corsets comprimaient les seins et les écartaient – pour mieux faire ressortir, un peu plus bas, l'éclatante beauté de
hanches plantureuses. Dans les années vingt, l'idéal des « garçonnes » était une
poitrine plate – ces femmes nouvellement émancipées auraient été
horrifiées par des prothèses mammaires.
Le
visage a aussi ses modes. Ainsi, Cléopâtre, dernière reine de l'ancienne Égypte et maîtresse de Jules César et de Marc Antoine, trône au panthéon des beautés mythiques. Or des portraits récemment identifiés montrent que Cléopâtre aurait été recalée selon les canons d'aujourd'hui – elle était trop petite, trop grosse, et avait un trop grand nez.
Elle mesurait à peine 1,50 m (la taille moyenne à l'époque) et avait des
bourrelets autour du cou. Et elle avait un
grand nez en bec d'aigle.
Dans l'Angleterre du 18e siècle, on avait
horreur des lèvres charnues comme celles d'Angelina Jolie. Voici ce qu'affirmait à l'époque Sir Henry Beaumont dans son portrait du visage féminin idéal : «
Il faut que la bouche soit petite... une jolie bouche, c'est comme un bouton de rose qui commence juste à éclore. »
Ces quelques incursions dans l'histoire des modes en matière de corps et de visage nous enseignent une vérité capitale :
il n'y a pas un idéal de beauté, mais des idéaux qui varient dans le temps et la beauté a toujours été une cible mouvante.
Petit nez ou grand nez, menue ou dodue, petite ou grande, pamplemousses ou oeufs à la coque, bouclettes ou baguettes de tambour – les attributs physiques les plus opposés se succèdent dans les critères de beauté.
Alors, vous n'avez plus qu'à être vous-même, à vous aimer comme vous êtes et à vous sentir bien dans votre peau.